Microsoft Copilot est l’assistant IA que Microsoft a glissé un peu partout : un chatbot gratuit sur le Web, un bouton dans Word et Excel, un assistant intégré à Windows, et une couche payante qui lit vos e-mails professionnels. Si vous voulez la version simple de ce qu’est réellement Copilot, des offres qui existent, de leur prix et de la question de savoir s’il s’agit juste de ChatGPT avec un badge Microsoft, la voici, à jour en juillet 2026.
Commençons par le plus difficile. « Copilot » n’est pas un produit unique. Microsoft emploie ce nom pour au moins sept produits différents répartis sur quatre modèles tarifaires, et ses propres pages précisent rarement duquel il s’agit. Pire, GitHub Copilot est un produit distinct que beaucoup de gens ont en tête quand ils disent « Copilot ». Ce guide porte sur l’assistant IA de Microsoft. Nous allons faire le tri dans cette famille, puis aborder la partie que la plupart des guides sautent : comme Copilot répond désormais aux questions en citant des pages web, vous pouvez agir sur ce qu’il dit de votre entreprise.
Ce qu’il faut retenir
- Microsoft Copilot n’est pas un produit unique : c’est une marque qui regroupe au moins sept produits IA (chatbot gratuit, Microsoft 365, Windows, sécurité, plateforme), à ne pas confondre avec GitHub Copilot, un produit distinct.
- Il existe une version réellement gratuite. On commence à payer à partir de 22 €/mois (TTC) pour Copilot dans Office (Microsoft 365 Premium) et de 28,10 € HT/utilisateur/mois pour la version qui lit les données de l’entreprise (Microsoft 365 Copilot).
- Sous le capot, Copilot est un routeur entre plusieurs modèles : la série GPT-5 d’OpenAI par défaut, plus des modèles Claude d’Anthropic (Opus 4.8, Sonnet 5) pour les fonctions agentiques comme Copilot Cowork, disponible pour tous depuis le 16 juin 2026.
- Côté données : vos données professionnelles ne servent pas à entraîner les modèles publics, mais depuis le 25 mars 2026 le « flex routing », activé par défaut sur les tenants créés après cette date, peut traiter les requêtes hors de l’UE (États-Unis, Canada, Australie) en cas de forte charge, sauf désactivation par l’administrateur.
- Comme Copilot cite des pages web dans ses réponses, y figurer est un canal de visibilité que votre marque peut travailler.
Qu’est-ce que Microsoft Copilot ?
Microsoft Copilot est une marque ombrelle qui regroupe une famille d’assistants IA bâtis sur de grands modèles de langage (LLM), reliés aux applications Microsoft, à vos données professionnelles et à la recherche Web en temps réel. La définition de Microsoft parle d'« un assistant conversationnel alimenté par l’IA » qui aide à rédiger, résumer, analyser, coder et automatiser des tâches. Le mot clé est famille. Il n’existe pas une application unique nommée « Copilot » qui ferait tout : il y a un chatbot grand public, une version dans Microsoft 365, une autre dans Windows, un outil de sécurité et une plateforme pour en créer sur mesure.
Sous le capot, chaque Copilot combine trois choses : un modèle de langage qui comprend votre invite et rédige la réponse, une source d’ancrage (le Web en temps réel, ou vos propres fichiers et e-mails quand vous êtes connecté à un compte professionnel), et une couche d’intégration qui lui permet d’agir au sein d’une application, comme rédiger un e-mail dans Outlook ou créer des diapositives dans PowerPoint.
Si le produit paraît nouveau, son moteur ne l’est pas. Copilot a débuté sous le nom de Bing Chat, que Microsoft a lancé le 7 février 2023. Microsoft a commencé à le rebaptiser « Microsoft Copilot » le 21 septembre 2023, en regroupant ses différentes fonctions d’IA sous ce seul nom. Comme Gemini de Google, c’est un assistant polyvalent que son éditeur a poussé dans tout son écosystème, plutôt qu’une simple application autonome.
Quel Copilot ? Les produits cachés derrière un même nom
C’est au niveau des noms que la confusion commence. Voici donc toute la famille réunie. Quand quelqu’un dit « Copilot », il peut désigner l’un des produits suivants :
| Produit | Pour qui | Ce qu’il fait | Prix (2026, France) |
|---|---|---|---|
| Copilot gratuit | Tout le monde | Chatbot sur le Web et en application : questions, rédaction, génération d’images, voix | Gratuit |
| Microsoft 365 Premium (remplace Copilot Pro grand public) | Particuliers et familles | Applications Office plus Copilot dans Word, Excel, PowerPoint et Outlook | 22 €/mois (ou 219 €/an, TTC) |
| Microsoft 365 Copilot | Entreprises | Copilot ancré dans vos e-mails, fichiers, discussions et réunions au travail | À partir de 28,10 € HT/utilisateur/mois (Enterprise) ; 21,84 € HT/mois pour Business (18,20 € HT en paiement annuel), jusqu’à 300 utilisateurs |
| Copilot Chat | Travail et études | Chat sécurisé ancré sur le Web via votre identité professionnelle (aucun accès automatique aux données de votre organisation) | Gratuit avec les abonnements Microsoft 365 éligibles |
| Copilot Studio | Créateurs et informatique | Outil low-code pour construire et gouverner des agents Copilot sur mesure | Environ 173,30 € HT/pack (25 000 crédits/mois) ou paiement à l’usage |
| Windows Copilot | Utilisateurs de Windows 11 | Assistant système : régler les paramètres, ouvrir des applications, chercher, discuter | Gratuit dans les éditions Windows éligibles |
| Security Copilot | Équipes de sécurité | Assistant IA pour la chasse aux menaces et la réponse aux incidents | Facturé aux unités de calcul de sécurité (Security Compute Units) |
| GitHub Copilot | Développeurs logiciels | Produit distinct : assistant de code IA dans les éditeurs de code | Formule gratuite, puis formules Pro et Business |

Deux distinctions expliquent l’essentiel de la confusion. La première oppose GitHub Copilot et Microsoft Copilot. Ils partagent un nom et un propriétaire, et rien d’autre. GitHub Copilot écrit du code dans l’éditeur du développeur ; Microsoft Copilot rédige vos e-mails. Payer l’un ne vous donne pas l’autre.
La seconde oppose Copilot gratuit, Copilot Chat et Microsoft 365 Copilot payant. Copilot gratuit et Copilot Chat savent tous deux chercher sur le Web, et vous pouvez téléverser un fichier pour que l’un ou l’autre le lise. Ce qu’ils ne peuvent pas faire, c’est accéder seuls aux données de votre organisation. Seul le Microsoft 365 Copilot payant s’ancre dans l’ensemble de votre corpus de travail : il résume vos réunions Teams et rédige des réponses depuis votre vraie boîte de réception sans que vous ayez à coller quoi que ce soit. Cet écart, entre un assistant qui connaît le Web public et un autre qui connaît votre travail, explique à lui seul pourquoi la version professionnelle est payante.
Une dernière précision de nom à garder en tête : Microsoft a retiré l’abonnement grand public autonome Copilot Pro et fondu ses fonctions dans Microsoft 365 Premium, lancé le 1er octobre 2025. Si un guide présente encore Copilot Pro comme l’offre grand public principale, il est périmé. Certains articles français en ligne affichent d’ailleurs toujours son ancien prix, un bon indice de contenu non mis à jour.
Comment fonctionne Microsoft Copilot ?
Copilot répond selon l’un de ses deux modes, et savoir dans lequel vous êtes explique presque tout ce qu’il peut et ne peut pas faire.
En mode web, celui qu’utilisent Copilot gratuit et Copilot Chat, il fonctionne comme n’importe quel moteur de recherche IA : il lance une recherche, lit les meilleures pages web et rédige une réponse qui les cite avec des renvois numérotés et cliquables. Il connaît l’Internet public et tout ce que vous lui téléversez, mais il ne va pas de lui-même dans les fichiers de votre organisation.
En mode travail, réservé à la version payante de Microsoft 365 Copilot, il ajoute une deuxième source : le Microsoft Graph. C’est l’index où Microsoft référence le contenu de votre organisation, vos e-mails, documents, discussions, agenda et réunions, limité à ce que vous êtes déjà autorisé à voir. C’est ce qui lui permet de « résumer la conversation avec le client » ou de « retrouver la présentation du dernier trimestre ». C’est aussi la raison pour laquelle la version professionnelle soulève de vraies questions de confidentialité, sur lesquelles nous revenons plus bas.
Les modèles qui l’animent changent souvent. Le raisonnement par défaut de Copilot repose sur les modèles GPT d’OpenAI (la série GPT-5, proposée en mode quotidien rapide et en mode de raisonnement plus lent « Think Deeper »), la même famille qui anime ChatGPT. Mais Microsoft a élargi le choix : depuis septembre 2025, il propose les modèles Claude d’Anthropic (Sonnet 4 et Opus 4.1) en option dans Copilot Studio et son agent Researcher. Les nouvelles fonctions autonomes s’appuient elles aussi sur Anthropic. Résultat, « quel est le modèle de Copilot » n’a plus de réponse unique : cela dépend du produit concerné et de la tâche.
Copilot est moins une IA unique qu’un routeur placé entre vous, une sélection de modèles de pointe et, au choix, le Web ou vos données de travail, les applications Microsoft servant de lieu où le travail se fait.
Microsoft Copilot est-il gratuit ? Combien coûte-t-il vraiment ?
Oui, il existe une version réellement gratuite de Copilot, et pour la plupart des usages personnels elle suffit. La version gratuite, sur copilot.microsoft.com et dans les applications mobiles, donne accès au chat, aux réponses web avec citations, à la génération d’images et à la voix, avec des limites d’usage aux heures de forte affluence.
Au quotidien, vous commencez à payer dans deux cas de figure. Si vous voulez Copilot dans vos applications Office personnelles, il est inclus dans Microsoft 365 Premium, à 22 €/mois (TTC). Si vous voulez que Copilot lise le travail de votre entreprise, c’est Microsoft 365 Copilot, à 28,10 € HT par utilisateur et par mois pour les entreprises. Les plus petites structures peuvent prendre la version Business (jusqu’à 300 utilisateurs) au prix catalogue de 21,84 € HT/mois, ou 18,20 € HT/mois en engagement annuel, que Microsoft propose en ce moment à un tarif promotionnel de 15,60 € HT par utilisateur et par mois. Pour le détail de chaque palier, y compris le calcul de la licence de base et la tarification des crédits Studio et Cowork, voyez notre guide des tarifs de Microsoft Copilot.
Ne confondez pas la version gratuite de Copilot Chat qui apparaît au travail avec la version payante. Elle lui ressemble trait pour trait, mais elle ne peut pas accéder seule à vos e-mails et à vos fichiers. Si un collègue vous dit « Copilot a résumé ma boîte de réception » et que le vôtre ne le fait pas, la différence tient à une licence, pas à un réglage.
Microsoft Copilot face à ChatGPT
La question la plus fréquente sur Copilot, c’est de savoir s’il s’agit juste de ChatGPT avec un badge Microsoft. Elle est légitime, car le Copilot grand public tourne bel et bien sur les mêmes modèles OpenAI et est né du même partenariat.
Les vraies différences ne tiennent pas au modèle : elles tiennent au câblage autour de lui.
| Dimension | Microsoft 365 Copilot | ChatGPT |
|---|---|---|
| Modèles sous-jacents | Série GPT-5 d’OpenAI, plus les options Claude | Série GPT-5 d’OpenAI |
| Lit vos fichiers de travail | Oui, via Microsoft Graph (dans la limite de vos autorisations) | Uniquement les fichiers que vous partagez ou connectez |
| Agit dans les applications Office | Oui, dans Word, Excel, Outlook, Teams | Non |
| Vos données entraînent des modèles publics | Non, sous Enterprise Data Protection | Cela dépend de votre offre et de vos réglages |
| Idéal pour | Le travail ancré dans les données de votre entreprise | Le chat autonome, le brainstorming, le code |
Microsoft 365 Copilot s’ancre dans le Microsoft Graph, ce qui lui permet de répondre à partir de vos propres e-mails, fichiers et réunions, que ChatGPT ne peut pas atteindre sans que vous les colliez. Pour les entreprises, Copilot tourne aussi sous Enterprise Data Protection (protection des données d’entreprise) : Microsoft garde vos invites de travail et les données de l’entreprise dans le périmètre du service Microsoft 365 et ne s’en sert pas pour entraîner les modèles publics. Enfin, Copilot peut agir dans Word, Excel et Outlook, là où ChatGPT vous renvoie surtout du texte à recopier.
Pour un chatbot autonome, histoire de brainstormer ou de rédiger, ChatGPT et Copilot gratuit se valent à peu de chose près, et beaucoup trouvent ChatGPT un peu plus fin. Pour un assistant qui vit déjà dans les outils Microsoft que votre entreprise paie et sait lire votre travail sans risque, Copilot fait quelque chose que ChatGPT n’est pas conçu pour faire. Nous creusons la question dans Microsoft Copilot vs ChatGPT, et la même ligne de partage se retrouve à l’échelle du secteur dans Gemini vs ChatGPT.
Nouveautés 2026 : les agents et Copilot Cowork
Au fil de 2026, tout l’argumentaire de Microsoft pour Copilot est passé de « une IA qui répond aux questions » à une IA qui accomplit seule un travail en plusieurs étapes. L’exemple le plus net est Copilot Cowork, disponible pour tous depuis le 16 juin 2026. Cowork peut prendre une tâche longue en plusieurs étapes, l’exécuter en arrière-plan et vous laisser suivre l’avancement depuis votre téléphone pendant qu’elle tourne. Fait notable, il repose sur les modèles d’Anthropic (Opus 4.8 et Sonnet 5) et, en plus d’une licence Microsoft 365 Copilot, Microsoft le facture via des « crédits Copilot » à l’usage plutôt qu’au forfait.
Cela s’inscrit dans un mouvement plus large vers l'IA agentique : des assistants qui agissent, pas seulement qui répondent. Copilot Studio laisse les entreprises construire leurs propres agents, capables d’accéder aux systèmes CRM et aux bases de données, et Microsoft a ajouté des agents prêts à l’emploi comme Researcher et Analyst. Si vous aviez essayé Copilot il y a un an et y aviez vu un chatbot un peu survendu, la version 2026 est un outil d’un autre genre, pour le meilleur et pour le pire.
Les limites de Copilot
Les pages officielles de Microsoft passent cette partie sous silence. Sur les forums et dans les avis, les mêmes reproches reviennent, et il vaut la peine de les connaître avant de s’y fier.
La qualité est inégale. Copilot est bon pour résumer des réunions et rédiger des e-mails courants, plus faible sur le raisonnement complexe et les feuilles de calcul, où les utilisateurs reviennent vers ChatGPT ou Claude. Comme tout grand modèle de langage, il peut affirmer des choses fausses avec aplomb : ses résultats demandent vérification.
La confidentialité est le vrai piège pour l’entreprise. Copilot hérite de vos autorisations de fichiers existantes ; il ne les élargit pas. Mais l’effet est à double tranchant : comme l’ont signalé des analystes en sécurité, si un dossier SharePoint sensible a été partagé trop largement par erreur, Copilot le rend extrêmement facile à retrouver. Copilot n’a pas créé le sur-partage, mais il dissipe l’obscurité qui le masquait.
Il paraît imposé. Microsoft a poussé Copilot dans les abonnements Microsoft 365 et dans la barre des tâches de Windows, et une frange bruyante d’utilisateurs cherche activement comment le désactiver. Les titres sur un « code rouge » ou un « recul » de Copilot décrivent une refonte de stratégie, pas un arrêt : Copilot ne disparaît pas, mais son déploiement a fait débat.
Copilot, le RGPD et la souveraineté des données
Voici la partie qu’aucune fiche « qu’est-ce que Copilot » en français ne traite, et qui décide pourtant de son adoption en entreprise. La réponse honnête tient en une phrase : Copilot n’est pas « conforme au RGPD » par défaut, il peut l’être sous conditions.
Ces conditions s’empilent : une licence Business ou Enterprise (pas le Copilot gratuit), Enterprise Data Protection actif, un contrat de sous-traitance (DPA) signé, une gestion rigoureuse des autorisations dans le Microsoft Graph, et une gouvernance documentée (étiquettes de confidentialité Microsoft Purview). Pour des données sensibles (santé, finance, RH, données judiciaires), une analyse d’impact (AIPD) est un préalable, pas une option. Le point à comprendre : Copilot ne crée pas de nouveaux droits d’accès, mais il rend instantanément consultable tout ce qui était déjà mal cloisonné.
Reste la question de fond, propre au débat français et européen : où résident les données, et qui peut légalement y accéder. Microsoft a bâti sa EU Data Boundary, un engagement à stocker et traiter en Europe les données des clients européens de Microsoft 365, Azure, Dynamics et Power Platform. C’est réel et vérifiable. Mais c’est un engagement contractuel et opérationnel, pas un changement de juridiction : Microsoft reste une société américaine, et le Cloud Act permet aux autorités américaines de réclamer des données quel que soit le lieu des serveurs. L’ANSSI est constante là-dessus : seul un cloud qualifié SecNumCloud, prouvant l’absence de contrôle juridique extra-européen, ferme vraiment cette brèche, ce qui exclut les offres « cloud souverain » de Microsoft du label « cloud de confiance ».
Nouveau depuis 2026 : le « flex routing » peut traiter vos requêtes hors de l'UE
Depuis le 25 mars 2026, une fonction appelée flex routing est activée par défaut pour les tenants créés après cette date (pour les tenants plus anciens, le réglage par défaut est indiqué dans le Centre de messages). Elle autorise l’inférence du modèle à sortir de la frontière de données UE en période de forte charge, l’exécution pouvant alors avoir lieu aux États-Unis, au Canada ou en Australie. Les données au repos restent stockées dans l’UE, à l’exception de données pseudonymisées limitées, et tout reste chiffré. Un administrateur peut la désactiver à tout moment (Copilot, Paramètres, « Ne pas autoriser le flex routing ») : l’inférence reste alors dans l’UE, même aux heures de pointe. Pour une organisation soucieuse de résidence des données, c’est le premier réglage à vérifier.
Cette prudence n’est pas théorique en France. La CNIL recommande depuis 2021 que l’enseignement supérieur n’utilise que des suites collaboratives relevant du droit européen, et l’Éducation nationale a acté la fin des offres gratuites d’Office 365 et de Google Workspace dans les établissements pour non-conformité au RGPD. Microsoft a par ailleurs déjà été sanctionné de 60 millions d’euros par la CNIL en décembre 2022 pour les cookies de Bing, un produit voisin du même écosystème. Rien de tout cela ne condamne Copilot : cela situe le niveau de vigilance attendu quand des données institutionnelles françaises rencontrent un hyperscaler américain.
Une couche réglementaire de plus : l'AI Act
Sous le règlement européen sur l’IA (AI Act), Microsoft est le « fournisseur », mais l’entreprise qui déploie Copilot en est le « déployeur ». Si vous l’utilisez pour un usage à haut risque (tri de candidatures, décisions de crédit, décisions RH automatisées), les obligations de déployeur s’appliquent : classification du risque, supervision humaine, journalisation, et formation des équipes à l’IA. À vérifier avant d’automatiser une décision qui engage des personnes.
Si ces frictions comptent pour vous, l’alternative que les organisations françaises citent le plus est Vibe (ex-Le Chat) de Mistral, rebaptisé en mai 2026. Vibe se positionne en agent de travail souverain face à Copilot et à Claude for Work, avec un mode Travail qui exécute des tâches en plusieurs étapes sur vos outils (Outlook, SharePoint, Slack, GitHub), à partir de 14,99 €/mois. Ses modèles sont développés et hébergés en Europe, ce qui écarte la question du Cloud Act. Vibe n’est pas « meilleur » que Copilot dans l’absolu, mais c’est l’option européenne crédible à connaître avant de trancher.
Copilot est aussi un moteur de réponses : comment y figurer
Si vous gérez un site web, voici la partie qui compte le plus. Quand un internaute pose une question à Copilot gratuit ou à Copilot Chat, l’outil n’invente pas la réponse seul. Il cherche sur le Web, lit des pages et les cite avec des renvois cliquables. Ces citations représentent du trafic réel et une autorité bien réelle, et elles pointent vers des pages précises. La question, pour toute marque, est de savoir si l’une d’elles est la vôtre.
Cela fait de Copilot un moteur de réponses, pas seulement un chatbot, et un canal de visibilité que vous pouvez travailler comme vous le faites sur Google. Le référencement pour Copilot est le manuel complet ; en résumé, trois facteurs déterminent si Copilot peut vous citer :
- Accessibilité. Les réponses web de Copilot s’appuient sur l’index de recherche de Bing : être indexable par Bing est le ticket d’entrée. Si Bing et les autres robots d’exploration IA ne peuvent pas récupérer vos pages, vous êtes invisible avant même le début de la course.
- Des réponses citables telles quelles. Copilot cite des passages autonomes qui répondent directement à une question. Les pages qui noient la réponse dans du remplissage sont écartées au profit de celles qui l’énoncent clairement.
- Corroboration. Comme la plupart des moteurs d’IA, Copilot privilégie les affirmations qui reviennent de façon cohérente dans plusieurs sources fiables, plutôt qu’une seule page non vérifiée.
D’après notre expérience dans le développement d’outils à cet effet, les marques qui apparaissent de façon fiable dans les réponses générées par l’IA ne sont pas celles qui cherchent un réglage caché : elles ont simplement rendu leurs pages faciles à trouver, à citer et à corroborer. C’est précisément pour éclairer cela que nous avons construit geotoolbox : montrer d’où les assistants IA que les gens interrogent aujourd’hui tirent leurs réponses, et si vos pages sont dans la course.
Foire aux questions
Microsoft Copilot, c’est la même chose que ChatGPT ? Non, même s’ils se recoupent. Copilot grand public tourne sur les mêmes modèles OpenAI que ChatGPT, mais Microsoft 365 Copilot ajoute l’ancrage dans vos e-mails et fichiers professionnels via le Microsoft Graph, la protection des données d’entreprise et la capacité d’agir dans les applications Office. Pour un simple chat, ils se ressemblent ; pour un travail qui touche vos propres données, non.
Microsoft Copilot est-il gratuit ? Oui. La version gratuite de Copilot, sur le Web et dans les applications mobiles, couvre le chat, les réponses web, la génération d’images et la voix. Vous ne payez que pour Copilot dans vos applications Office (Microsoft 365 Premium, 22 €/mois) ou pour Copilot qui lit le travail de votre entreprise (Microsoft 365 Copilot, 28,10 € HT/utilisateur/mois).
GitHub Copilot, c’est la même chose que Microsoft Copilot ? Non. GitHub Copilot est un produit distinct, un assistant de code IA pour les développeurs, qui s’utilise dans les éditeurs de code. Microsoft Copilot est l’assistant généraliste pour la rédaction, la recherche et le travail Office. Un abonnement à l’un n’inclut pas l’autre.
Pourquoi certains n’aiment-ils pas Copilot ? Les reproches courants portent sur une qualité inégale face à ChatGPT, des inquiétudes de confidentialité liées à la remontée de fichiers d’entreprise trop largement partagés, et l’agacement d’avoir vu Microsoft l’imposer par défaut dans les abonnements et la barre des tâches de Windows.
Copilot va-t-il fermer ? Non. Les mentions d’un « code rouge » ou d’un « recul » de Copilot décrivent une refonte de la stratégie IA de Microsoft, pas l’arrêt du produit. Copilot est au contraire étendu, notamment avec le virage 2026 vers les agents autonomes.
Copilot cite-t-il ses sources ? Oui. En mode web, Copilot rend des réponses avec des citations intégrées et cliquables vers les pages qu’il a utilisées, et c’est pourquoi figurer parmi ces pages citées se travaille.
Quel Copilot vous convient ?
Si vous voulez juste un assistant IA gratuit, prenez Copilot gratuit, ou comparez-le à ChatGPT et à Gemini ; notre comparatif Copilot vs Gemini montre lequel colle à votre travail. Si vous vivez dans Office et voulez l’IA dans vos documents, Microsoft 365 Premium est la voie grand public. Si vous dirigez une entreprise et voulez une IA qui travaille sans risque sur vos e-mails, fichiers et réunions, Microsoft 365 Copilot est celle qui justifie son prix.
Et si votre public commence à interroger des assistants IA au lieu de taper dans un champ de recherche, la vraie question n’est pas quel Copilot acheter, mais si Copilot sait vous trouver et vous citer quand il répond. Vous pouvez tester votre score de préparation IA et voir exactement où vous en êtes.
Sources
- Microsoft Copilot, Wikipédia - chronologie du lancement et du changement de nom, modèles sous-jacents
- Offres et tarifs de Microsoft 365 Copilot - tarifs entreprises et professionnels, Copilot Chat (France, en euros)
- Découvrez Microsoft 365 Premium - offre grand public remplaçant Copilot Pro (22 €/mois en France)
- Élargissement du choix de modèles dans Microsoft 365 Copilot - modèles Claude d’Anthropic dans Copilot
- Copilot Cowork est disponible pour tous - fonctions d’agent 2026, crédits Copilot
- Claude Sonnet 5 dans Microsoft 365 Copilot, Microsoft - modèle Anthropic déployé dans Cowork après le lancement
- Flex routing (UE et AELE), Microsoft Learn - traitement hors UE en période de forte charge, réglage administrateur
- Cookies : 60 millions d’euros d’amende de la CNIL contre Microsoft, Le Monde Informatique - sanction CNIL, décembre 2022
- Principaux risques de sécurité de Microsoft Copilot, Forcepoint - risque de sur-partage de données